L’IA apprend la grammaire cachée des entreprises | Nicolas MARIOTTE

L’IA apprend la grammaire cachée des entreprises | Nicolas MARIOTTE

linkedin.com 21 juin 2026 Partagé par Natacha Quester-Séméon

Entre le 28 janvier et le 13 février 2026, plus de 2 000 milliards de dollars de capitalisation se sont évaporés dans le secteur des logiciels d’entreprise après le lancement des modules spécialisés de Claude Cowork et les progrès de Claude Code. Pour de nombreux investisseurs, la démonstration semblait implacable : si des agents d’intelligence artificielle peuvent rédiger des contrats, automatiser des processus comptables ou créer des outils internes, une partie importante des revenus récurrents des éditeurs de logiciels serait condamnée. Andrea Pignataro, fondateur du groupe ION, estime pourtant que les marchés se trompent sur la nature de la disruption. Selon lui, ils confondent capacité cognitive et capacité de coordination. Son argument central repose sur ce qu’il appelle le « s

💬 "S’appuyant sur la philosophie de Ludwig Wittgenstein, Andrea Pignataro décrit les organisations comme des ensembles de « jeux de langage ». Un cabinet d’avocats, un cabinet de conseil ou une direction financière ne se limitent pas à produire des documents : ils fonctionnent selon des codes implicites, des pratiques sociales et des mécanismes d’arbitrage appris au fil du temps. Remplacer un logiciel revient moins à changer d’outil qu’à modifier le langage de l’organisation. […] Andrea Pignataro prolonge son analyse par un paradoxe : chaque entreprise qui adopte des outils d’IA contribue, par ses usages, à enseigner aux plateformes la « grammaire » de son secteur. Sans accéder aux données confidentielles, les fournisseurs d’IA apprennent les méthodes, les structures et les attentes communes à une profession entière. Ce mécanisme crée un problème d’action collective : la décision rationnelle de chaque entreprise accélère potentiellement la désintermédiation de son secteur. Pour l’auteur, l’enjeu majeur n’est donc pas la disparition rapide des logiciels existants, mais la capacité des intelligences artificielles à intégrer progressivement les règles implicites qui structurent la vie économique."

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